La troupe Nonahere a brillament produit sa création lors de la soirée du 2 juillet au Heiva 2007 à Tahiti. Nous avons pu lire le commentaire suivant dans Tahitipresse :
"Nonahere, le groupe tant attendu de la soirée, est arrivé avec de somptueux costumes et un effectif bien décidé à se distinguer dans la catégorie "Création", où, rappelons-le, il est l'un des deux seuls candidats inscrits, avec Toa Reva. L'auteur du thème n'était autre que Patrick Amaru qui a également introduit la prestation par un orero (discours) retraçant la trame de l'histoire. "Te aito Arioi", titre donné au spectacle, a plongé les spectateurs dans la société pré-européenne du temps où les Arii (grands chefs) côtoyaient les Arioi (confrérie de baladins composée des cadets de famille royale), mais a permis aussi d'évoquer plus clairement leurs relations au travers le cas de l'amour porté à une belle plébéienne.
Le groupe a su donner corps à ses personnages en choisissant les acteurs appropriés pour chaque rôle. En définitif, la prestation de Nonahere était toute la fois élégante et marquée, par moment, par la dérision, apanage de la caste des Arioi qui moquait les travers du Arii. Maintenant que la troupe est forte d'un palmarès éloquent acquis lors des derniers Heiva i Tahiti, elle n'a pas hésité à jouer sur une belle mise en scène: jonglant sur un thème polysémique et un effectif nombreux se déplaçant en masse sur la scène de To'ata".
L'HISTOIRE DU SPECTACLE "TE AITO ARIOI"
Le thème de ce spectacle donné sous le titre évocateur de "Te aito Arioi" raconte une histoire, une légende crée de toutes pièces par Patrick AMARU:
Mairehau, la belle plébéienne dont le roi Huna est follement épris, rejoint en cachette, à Tefauroa, son amoureux Tiàtau, le àito àrioi.
Arrive Hinatau, la mère de Huna et de Tiàtau.
Elle fait part à Tiàtau de son rêve, deux oiseaux rouges qui se battent. Elle a des pressentiments et le supplie de ne pas organiser cette fête prévue à Mahina. Trop tard !
Le lendemain soir, arrive la fabuleuse troupe àrioi, avec à sa tête Tiàtau.
La troupe àrioi, inspirée, donne un magnifique spectacle. Mahina est sous le charme de ces artistes et de leur ‘aito en particulier. Le frère et roi Huna, jaloux de la popularité des àrioi, fait apparition, il est très étonné de les voir, et les invite à danser !
Ce roi se doute des relations cachées entre Mairehau, et Tiàtau. Il décide que Mairehau lui est réservée. Tiatau n’y peut rien. C’est le roi qui en a décidé. Elle est toute retournée. Alors, elle danse et exprime son désarroi. Les tane, un arioi et les vahine répondent leur étonnement par des prestations de danse passionnée. Huna dénigre les arioi, il les insulte.
Tiàtau, excédé, donne l’ordre à sa troupe de revenir sur scène. C’est l’occasion de dénoncer les dérives du roi. Un conflit s’engage entre les deux frères. Mairehau est perdue.
Le roi Huna se contient et semble prendre la situation avec beaucoup de détachement et d’humour. Il en rit et embrasse même son frère cadet Tiàtau…puis le tue froidement.
Hinatau entend ses enfants se battre et tente de les arrêter mais le coup est donné. Il respire encore mais la fin approche. Il rejoint le « po ». Alors sa mère entame un anau, elle pleure le deuil de son fils cadet. Quant à Huna, il se considère au-dessus des hommes, au-dessus des lois. Il se considère au-dessus des dieux.

